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Définition d’une EURL

Définition d’une EURL claire : société à associé unique, capital libre, responsabilité limitée, fiscalité par défaut, statut du gérant et étapes…

par Jacques-Henri Bousquet 8 min de lecture

Définition d’une EURL

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L’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) est une SARL qui ne compte qu’un seul associé. Elle forme une personne morale distincte de son fondateur, avec son propre patrimoine, ses statuts et son numéro SIREN. Le capital est librement fixé (1 euro suffit en théorie), la responsabilité de l’associé est limitée à ses apports, et les bénéfices relèvent par défaut de l’impôt sur le revenu lorsque l’associé est une personne physique, avec une option possible pour l’impôt sur les sociétés.

Chercher la définition d’une EURL revient souvent à se poser une question très concrète : faut-il créer une société quand on se lance seul ? L’EURL apporte une réponse précise. C’est une société commerciale à part entière, régie par les mêmes articles du Code de commerce que la SARL, mais pensée pour un entrepreneur qui ne veut pas d’associé. Elle sépare juridiquement l’activité de la personne qui la porte, encadre la prise de décision et ouvre des choix fiscaux et sociaux qu’une entreprise individuelle n’offre pas toujours.

Voici ce que recouvre ce statut, point par point, avec les nuances qui comptent au moment de rédiger les statuts.

Une SARL à associé unique, selon le Code de commerce

Le Code de commerce ne crée pas une forme de société à part pour l’EURL. L’article L223-1 prévoit simplement qu’une SARL peut être instituée par une seule personne, qui détient alors la totalité des parts sociales. Le sigle EURL désigne donc une situation, celle d’une SARL dont toutes les parts sont entre les mêmes mains.

Cette précision a une conséquence pratique : les règles de fonctionnement sont celles de la SARL, adaptées au cas d’un associé unique. Il n’y a pas d’assemblée à convoquer, puisque l’associé prend seul les décisions qui relèveraient sinon de la collectivité des associés. Ces décisions doivent toutefois être consignées dans un registre, ce qui garde une trace écrite de chaque choix important (approbation des comptes, modification des statuts, nomination d’un gérant).

Qui peut fonder une EURL et avec quel capital

L’associé unique peut être une personne physique ou une personne morale. Une société peut donc créer une EURL pour isoler une activité, avec une limite posée par l’article L223-5 : une SARL ne peut pas avoir pour associé unique une autre SARL composée elle-même d’une seule personne. On évite ainsi les chaînes d’EURL empilées les unes sur les autres.

Le capital social est libre. Aucun minimum légal n’est imposé depuis 2003, mais un capital symbolique peut fragiliser la crédibilité de l’entreprise auprès d’une banque ou d’un fournisseur. Les apports prennent deux formes :

  • Apports en numéraire : une somme d’argent, dont au moins un cinquième doit être libéré à la création, le solde dans un délai de cinq ans.
  • Apports en nature : un bien (matériel, fonds de commerce, véhicule), dont la valeur est en principe vérifiée par un commissaire aux apports. L’associé unique peut s’en dispenser si aucun apport ne dépasse 30 000 euros et si leur total reste inférieur à la moitié du capital ; il engage alors sa responsabilité sur la valeur retenue.

L’apport en industrie (un savoir-faire, du travail) est également possible. Il donne droit à des parts mais n’entre pas dans le capital social.

La frontière entre le patrimoine de la société et celui de l’associé

C’est le cœur de la définition. Les dettes de l’EURL sont celles de la société, et l’associé n’en répond en principe qu’à hauteur de ce qu’il a apporté. Son logement, son épargne personnelle ou sa voiture ne sont pas le gage naturel des créanciers de l’entreprise.

Cette protection connaît pourtant des limites bien réelles. Une banque demande fréquemment une caution personnelle pour accorder un prêt à une jeune EURL, et cette caution engage directement les biens privés du signataire. Le gérant peut aussi voir sa responsabilité recherchée en cas de faute de gestion, notamment si une procédure collective révèle une insuffisance d’actif liée à ses décisions. Enfin, mélanger les comptes personnels et ceux de la société affaiblit la séparation et peut se retourner contre lui. La responsabilité limitée protège donc l’entrepreneur prudent, pas celui qui confond les deux caisses.

Fiscalité de l’EURL : régime par défaut et option possible

Lorsque l’associé unique est une personne physique, l’EURL n’est pas imposée elle-même par défaut. Son bénéfice est intégré à la déclaration de revenus de l’associé, dans la catégorie correspondant à l’activité : BIC pour une activité commerciale ou artisanale, BNC pour une activité libérale, BA pour une activité agricole. L’impôt est alors calculé sur la totalité du bénéfice, qu’il soit prélevé ou laissé dans l’entreprise.

L’associé peut opter pour l’impôt sur les sociétés. La société paie alors l’impôt sur son résultat, la rémunération du gérant devient une charge déductible, et les bénéfices distribués prennent la forme de dividendes. Cette option peut être révoquée pendant une période limitée, puis devient définitive : la décision mérite d’être chiffrée avec un expert-comptable plutôt que prise au jugé.

Si l’associé unique est une société, l’EURL relève en revanche directement de l’impôt sur les sociétés.

Le régime social de celui qui dirige l’EURL

La gérance est confiée à une ou plusieurs personnes physiques. Dans la grande majorité des cas, l’associé unique se nomme lui-même gérant. Il relève alors du régime des travailleurs indépendants : ses cotisations sont calculées sur sa rémunération, ou sur son bénéfice si l’EURL reste à l’impôt sur le revenu. La protection sociale est un peu moins étendue que celle d’un salarié, mais le coût global des cotisations est généralement plus faible.

L’associé peut aussi confier la gérance à un tiers. Ce gérant extérieur, s’il est rémunéré, est rattaché au régime général comme un assimilé salarié, sans pour autant bénéficier de l’assurance chômage au titre de son mandat.

Les étapes pour créer une EURL

La création suit un ordre assez balisé, que l’on peut réaliser seul ou avec l’aide d’un professionnel du droit :

  1. Rédiger les statuts, en partant éventuellement des statuts types prévus pour l’EURL dont l’associé unique, personne physique, assure la gérance.
  2. Déposer les apports en numéraire sur un compte bloqué, auprès d’une banque ou d’un notaire, et obtenir l’attestation de dépôt.
  3. Publier un avis de constitution dans un support habilité à recevoir les annonces légales.
  4. Déclarer la société sur le guichet unique des formalités d’entreprises, géré par l’INPI, avec les pièces justificatives.
  5. Recevoir l’extrait Kbis, qui atteste l’immatriculation au registre du commerce et des sociétés, puis débloquer les fonds.

Le coût total dépend surtout de l’annonce légale et du recours éventuel à un conseil. Les frais d’immatriculation eux-mêmes restent modestes.

Situer l’EURL face à l’entreprise individuelle et à la SASU

Comprendre une forme juridique passe aussi par la comparaison. Un entrepreneur seul hésite généralement entre trois options, qui ne répondent pas aux mêmes besoins :

CritèreEntreprise individuelleEURLSASU
Personnalité moraleNonOuiOui
Imposition par défautImpôt sur le revenuImpôt sur le revenu (associé personne physique)Impôt sur les sociétés
Régime social du dirigeantTravailleur indépendantTravailleur indépendant (gérant associé)Assimilé salarié
Souplesse des statutsPas de statutsEncadrée par la loiTrès large
Accueil d’un associéImpossible sans changer de formeLa société devient une SARL classiqueLa société devient une SAS

L’entreprise individuelle bénéficie depuis 2022 d’une séparation automatique entre patrimoine professionnel et personnel, ce qui réduit l’écart avec l’EURL sur le terrain de la protection. La SASU, elle, attire ceux qui veulent un statut d’assimilé salarié et des statuts sur mesure, au prix de cotisations plus élevées sur la rémunération. Pour croiser ces critères avec d’autres paramètres comme le coût de création ou la gestion au quotidien, parcourir des comparatifs business sur pharrell permet de replacer l’EURL dans un panorama plus large avant de choisir sa forme juridique. Le bon statut reste celui qui colle au projet réel : niveau de revenus attendu, besoin de protection sociale, perspective d’ouvrir le capital.

La vie de l’EURL après son immatriculation

Une fois la société créée, quelques obligations rythment chaque exercice. La comptabilité doit être tenue selon les règles commerciales, et les comptes annuels sont approuvés par l’associé unique dans les six mois suivant la clôture. Lorsque cet associé est aussi le seul gérant, le simple dépôt des comptes au greffe vaut approbation. Les petites sociétés peuvent demander que leur compte de résultat reste confidentiel.

L’EURL peut aussi évoluer sans disparaître. L’arrivée d’un nouvel associé la fait basculer vers le fonctionnement d’une SARL pluripersonnelle, tandis que le transfert du siège, le changement d’objet social ou l’augmentation du capital passent par une décision de l’associé unique et une modification des statuts.

Une EURL peut-elle embaucher des salariés ?

Oui. Le fait qu’il n’y ait qu’un associé ne limite en rien l’effectif. L’EURL peut recruter autant de salariés que son activité le justifie, avec les obligations habituelles de tout employeur.

Une société peut-elle être l’associée unique d’une EURL ?

Oui, une personne morale peut détenir toutes les parts d’une EURL. La seule exclusion vise une SARL elle-même détenue par un associé unique, qui ne peut pas être l’associée unique d’une autre SARL.

Un compte bancaire dédié est-il nécessaire pour une EURL ?

Oui en pratique. Le dépôt des apports en numéraire exige un compte bloqué à la création, puis la société a besoin d’un compte à son nom pour séparer clairement ses flux de ceux de l’associé.

Que devient l’EURL au décès de son associé unique ?

La société n’est pas dissoute automatiquement. Les parts sont transmises aux héritiers, qui deviennent associés, sauf clause contraire des statuts. Ce point mérite d’être anticipé avec un notaire.

L’auteur

Jacques-Henri Bousquet

Analyste SEO et data

Je transforme les exports bruts en décisions lisibles pour des équipes non techniques. Je préfère une mesure imparfaite assumée à un tableau de bord qui rassure à tort.

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Hortense Pichon
Consultante technique SEO

Hortense Pichon

Indépendante, je teste moi-même ce que je recommande. Ma spécialité : crawl, indexation, performance web et migrations.

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